Le macronisme, un mélange de populisme et d’étatisme L’IREF sur FigaroVox

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Si Emmanuel Macron “fait appel” peuple et creuse le sillon populiste, il ne rompt pas pour autant avec la tradition française de l’État centralisateur et dirigiste.

Ils incarnent le mal absolu auprès d’une partie des médias et des « progressistes » : Trump, Johnson, Salvini, Kurz, Bolsonaro, Orban… Ils seraient les plus odieux représentants du populisme, cette approche, voire cette idéologie selon les époques et le contexte, que l’on a en tout cas tendance à associer aux pires instincts de la droite extrême. Invoquer le peuple, faire appel à ses « instincts » pour bâtir une politique, est hautement condamnable pour les prêcheurs de morale politique.

Évidemment, on peut trouver ces dirigeants odieux à bien des égards. Cela ne devrait pas empêcher de reconnaître leurs mérites quand ils en ont. Et une analyse responsable éviterait de les fourrer tous dans le même panier. Trump, Johnson, Bolsonaro, voire Orban, encouragent l’entreprise privée et les libertés économiques, Salvini beaucoup moins. Donald Trump et Jair Bolsonaro veulent réduire le rôle de l’État, supprimer des réglementations et baisser les impôts. Les autres ont une position et une politique plus ambiguës, un peu plus interventionnistes et leur conception de l’économie accorde une place plus importante à l’État.

« Qui, au juste, n’est pas populiste ? » demande le chercheur Jan-Werner Müller (dans son essai Qu’est-ce que le populisme ?). Les Français peuvent se poser la question. Car enfin, notre chef d’État si souvent qualifié de « président des riches », au look tellement énarque cool mais quand même bien peigné, que personne au début de son mandat n’aurait pensé à qualifier de populiste, présente quelques symptômes alarmants.

Lorsqu’il parle de l’ « Europe ultralibérale » et « ouverte à tous les vents », cette Europe « qui ne permet plus aux classes moyennes de bien vivre », ou lorsqu’il critique le « capitalisme ultralibéral », qui cherche-t-il à convaincre ? Serait-il vraiment exagéré d’y voir un appel du pied aux électeurs des extrêmes ? Lorsqu’il organise un Grand débat national pour recueillir en direct les « doléances » des Français, n’avance-t-il pas dans les sables mouvants de la démagogie, au mépris des institutions où siègent ceux que les Français ont élus ? Lorsqu’ensuite il convoque le peuple – ou du moins un échantillon du peuple élu par un sort remarquablement complaisant – pour « changer la France » dans une « Convention pour le climat » à grand spectacle, ne s’aventure-t-il pas plus loin encore dans la flatterie des extrêmes ? D’aucuns, au gouvernement, ont osé invoquer la démocratie athénienne, faisant preuve d’une méconnaissance totale des règles de cette pratique à l’époque.

Question simple : n’a-t-il pas précisément été élu, lui, Emmanuel Macron, pour changer la France ? A-t-il besoin pour cela, en particulier sur des sujets aussi pointus, des avis non pertinents de 150 personnes dûment encadrés par des coaches qui, eux, avaient déjà des avis définitifs sur toutes les questions ? La vraie démocratie n’aurait-elle pas été de soumettre des propositions argumentées, élaborées et mûries par des experts de tous bords, au choix de Français… de tous bords eux aussi ?

Démocratie, ou populisme ? S’il s’était agi de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon, la réponse n’aurait pas fait un pli.

Emmanuel Macron a senti le vent, la bourrasque écolo l’a fait bondir sur le pont, il a créé avec la Convention citoyenne pour le climat. Il a repris 146 propositions des 149 élaborées par cette Convention.
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