Encore plus extraordinaire : cette lettre a traversé l’Allemagne pour parvenir jusqu’à Prague, puis jusqu’à la seule survivante de la famille Klein, sa sœur Eliška. C’est le dernier témoignage que nous ayons de lui.
À trois reprises, il y implore le lecteur : « Ne m’oubliez pas ».
Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de la Shoah, nous honorons sa mémoire en répondant à cet appel.
Lors du concert du 25 janvier, le Duo Goldstein a interprété en première mondiale l’arrangement par Elias Goldstein de son « Wiegenlied », inspiré de « Sh’chav B’ni » (« Dors, mon fils »), sur une mélodie de Shalom Charitonov et des paroles hébraïques d’Emmanuel Harussi.
Grâce à leurs recherches, Elias et Angela Goldstein ont également pu obtenir une photographie numérique du manuscrit original, daté de 1943. Ce document exceptionnel est présenté ici pour la première fois depuis sa création : il constitue l’un des très rares témoignages directs de la vie musicale des musiciens de la Shoah.
Né en Moravie le 6 décembre 1919, Gideon Klein était un pianiste prodige à la musicalité précoce : dès l’âge de six ans, il étudia le piano auprès du directeur du Conservatoire de Prague. En 1940, il reçut une bourse pour la Royal Academy of Music de Londres, mais les lois raciales et d’émigration nazies l’empêchèrent de quitter le pays. Les musiciens juifs n’étaient plus autorisés à se produire en public. Pendant un temps, Klein contourna cette interdiction en jouant sous le pseudonyme de Karel Vránek ; lorsque cela devint trop dangereux, il donna des concerts clandestins dans des maisons particulières.
Le 1er décembre 1941, il fut déporté à Terezín avec des milliers d’autres Juifs de Prague.
Son œuvre, d’une richesse et d’une intensité remarquables, compte parmi les plus marquantes créées à Terezín.
Aujourd’hui, nous nous souvenons de lui!

Présentation et documents: Duo Goldstein

























