Pandémie, intégration européenne, légalisation du cannabis… les défis qui attendent Olaf Scholz

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Le premier gouvernement allemand de l’après-Merkel, qui doit entrer en fonction mercredi et qui a prévu d’adopter plusieurs mesures faisant figure de “marqueurs de la mandature”, va faire face à de nombreux défis, à commencer par celui de maintenir la cohésion de sa coalition hétéroclite.

Le social-démocrate Olaf Scholz, qui s’apprête à succéder, mercredi 8 décembre, à Angela Merkel à la tête de l’Allemagne doit s’atteler d’emblée à plusieurs gros dossiers, de la pandémie au climat, en passant par les tensions avec Moscou ou Pékin.

Voici la feuille de route et les principaux défis du premier gouvernement social-démocrate de l’après-Merkel, associant également écologistes et libéraux du FDP.

La vaccination bientôt obligatoire

Avant même d’entrer en fonction, la nouvelle équipe a dû commencer à gérer la nouvelle vague de contaminations au Covid-19… et est déjà revenue sur plusieurs promesses de campagne.

Sous la pression, elle a approuvé une batterie de restrictions et accepté l’idée d’une obligation de vaccination, qui pourrait être votée dès cette semaine avec une entrée en vigueur prévue dans les premiers mois de 2022. Mais la grogne monte dans une partie de l’opinion.

Tensions en vue dans la coalition

L’un des principaux défis d’Olaf Scholz durant la mandature sera de maintenir la cohésion de sa coalition hétéroclite.

Le programme des trois partis reste vague sur le financement des mesures promises, notamment en matière d’investissements pour les infrastructures et la lutte contre le réchauffement climatique, avec une sortie du charbon espérée dès 2030 et un large développement des énergies renouvelables.

La puissante industrie automobile allemande va devoir accélérer sa transformation : les partis veulent avoir 15 millions de voitures électriques sur les routes du pays d’ici 2030, contre environ un peu plus de 500 000 actuellement.

Sous la pression des libéraux, le gouvernement entend serrer les cordons de la bourse avec des déficits réduits au minimum et pas de hausses d’impôts. Des tensions risquent d’apparaître très vite sur le sujet.

Une Europe qui défend ses intérêts

Si Angela Merkel s’est montrée timide sur l’intégration européenne, le nouveau gouvernement entend réinvestir ce chantier.

Le contrat de coalition plaide ainsi à terme pour un “État fédéral européen” fonctionnant de manière décentralisée. Autre changement notable, Berlin s’est rangé à la vision française d’une défense plus affirmée des intérêts européens sur la scène internationale.

Une “Europe souveraine est la clé” et “c’est un devoir” pour le nouveau gouvernement, a affirmé Olaf Scholz. Le contrat de coalition est ainsi favorable à des décisions prises à la majorité en matière de diplomatie et non plus à l’unanimité.

Plus de fermeté vis-à-vis de Moscou et Pékin

La cohésion de la coalition risque d’être mise d’entrée à rude épreuve sur le sujet des relations avec Moscou et Pékin. La nouvelle ministre des Affaires étrangères, l’écologiste Annalena Baerbock, promet une politique plus ferme que sous l’ère Merkel – avec des intérêts économiques qui primaient – face aux régimes autoritaires comme la Russie, qui fait entendre des bruits de botte à la frontière ukrainienne, et la Chine. Elle n’a pas exclu un boycott des JO de Pékin.

Les libéraux sont sur une ligne voisine alors que les sociaux-démocrates d’Olaf Scholz se montrent traditionnellement plus conciliants à l’égard de Moscou ou Pékin.

Mise en place de “marqueurs de la mandature”

Le gouvernement a prévu d’adopter plusieurs mesures faisant figure de “marqueurs de la mandature” : hausse du salaire minimum horaire à 12 euros contre 9,6 euros actuellement, légalisation du cannabis pour les adultes dans des “magasins agréés”, abaissement à 16 ans du droit de vote aux législatives.

En matière d’immigration, sujet qui a peu mobilisé l’opinion durant la campagne, il est prévu l’instauration d’une procédure d’acquisition d’un titre de séjour pour les personnes jusqu’ici dites “tolérées”, c’est-à-dire qui ne peuvent pas être expulsées pour diverses raisons mais n’ont pas le droit de travailler.

La future coalition souhaite ainsi “donner leur chance” à ces étrangers en leur offrant au bout de cinq ans sur le territoire la possibilité d’accéder progressivement à un titre de résidence permanent.

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